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0xCD3dBc22E8AfD3B8a93b2880982B78D6F5d8D59fquatrième de couverture -- spectres de marx - l'état de la dette, le travail du deuil et la nouvelle internationale -- jacques derrida -- éditions galilée 1993 -- 4th september 2025 -- kasper bergholt -- «Un spectre hante l’Europe — le spectre du communisme.» Spectre fut donc le premier nom, à l’ouverture du Manifeste du parti communiste. Dès qu’on y prête attention, on ne peut plus compter les fantômes, esprits, revenants qui peuplent le texte de Marx. Mais à compter avec eux, pourquoi ne pas interroger aujourd’hui une spectropoétique que Marx aurait laissée envahir son discours ? Spectres de Marx commence par la critique d’un nouveau dogmatisme, c’est-à-dire une intolérance : « Tout le monde le sait, sachez-le, le marxisme est mort, Marx aussi, n’en doutons plus. » Un « ordre du monde » tente de stabiliser une hégémonie fragile dans l’évidence d’un « acte de décès ». Le discours maniaque qui donne à la clameur jubilaire et obscène que Freud attribue à une phase triomphante dans le travail du deuil. (Refrain de l’incantation : « le cadavre se décompose en lieu sûr, qu’il ne revienne plus, vive le capital, vive le marché, survive le libéralisme économique ! ») Exorcisme et conjuration. Une dénégation tente de neutraliser la nécessité spectrale, mais aussi l’avenir d’un « esprit » du marxisme. Un « esprit » : l’hypothèse de cet essai, c’est qu’il y en a plus d’un. La responsabilité infinie de l’héritier est vouée au discernement, à l’impossible ou non l’autre. Comment ce discernement critique se rapporte-t-il à l’exigence hypercritique — ou plutôt déconstructrice — de la responsabilité ? Distinguant entre la justice et le droit, croisant les thèmes de l’héritage et du messianisme, Spectres de Marx est surtout le gage — ou le pari intempestif — d’une prise de position : ici, maintenant, demain. Sa portée s’inscrit, en abrégé, à l’angle de quelques inflexions : 1. la conspiration des forces dans une dénégation assourdissante — la « mort de Marx » ; 2. l’espace géo-politique dans lequel résonne cette clameur ; 3. une « graphique » de la spectralité (irréductible à l’ontologie — dialectique de l’absence, de la présence ou de la puissance, — elle se mesure à cette nouvelle donne, et d’abord à ce que la télé-technoscience des « médias » ou la production du « synthétique », du « prothétique » et du « virtuel » transforme plus vite que jamais, dans la structure du vivant ou de l’événement, comme dans la chose publique, l’espace de la représentation politique ou l’État) 4. l’articulation d’une « spectrographie » avec la chaîne d’un discours déconstructif (sur le spectre en général, la différence, la trace, l’itérabilité, etc.) mais aussi avec ce que Marx en esquisse. Et qu’il n’en esquive pas moins : « en même temps », « à la fois ».